LES ONGDH EXIGENT LA LIBÉRATION SANS CONDITION DE QUATRE MILITANTS DE LA LUCHA ARRÊTÉS À KALEMIE
Les ONGDH, membres du Réseau de protection des défenseurs des droits humains, Groupe Ukingo wa watetezi, (GRUWA), dénoncent l’arrestation et détention illégale ce mardi 20 janvier 2026, des militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement, LUCHA en sigle, par les agents de la police nationale congolaise de la ville de Kalemie.
En effet, par une lettre du 15 janvier 2026 portant numéro de référence LUCHA/LUCHA/CELLCOM/001/2026, le mouvement citoyen Lutte pour le changement, section de Kalemie, avait saisi le maire de la ville de Kalemie pour organiser un sit-in face à la dégradation de la situation sécuritaire sur l’ensemble de la ville.
S’étant rassemblés devant les bureaux de la mairie de la ville de Kalemie pour la manifestation, les membres de la LUCHA ont aperçu des policiers qui les ont brutalisé et ont procédé à l’arrestation de quatre d’entre eux en l’occurrence ; MARUBA Mathias, Exaucé OKIA NKOY, USENI Charles et Jean wa Mukolo NSIMBA qui sont actuellement détenus au cachot de la police nationale congolaise de Kalemie.
Les ONGDH s’indignent de cette manière d’agir des policiers alors que le droit à la sécurité est garanti par les instruments juridiques congolais et qu’il n’y avait pas lieu qu’ils procèdent à l’arrestation de ces militants. Mais en plus l’article 26 de la constitution congolaise dispose en son premier et deuxième alinéa : ''La liberté de manifestation est garantie. Toute manifestation sur les voies publiques ou en plein air, impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente.
Pour autant que la formalité d’information ait été respectée, rien ne justifie cette arrestation pour laquelle, les ONGDH exigent la libération sans aucune condition de ces quatre Militants.
C’est ici l’occasion pour les ONGDH d’exiger également la libération du journaliste Stéphane SHISSO, arrêté et détenu à Lubumbashi puis transféré à Kinshasa pour une supposée couverture médiatique sur la réalisation des infrastructures dans la Province du Lualaba,.
Ces actes constituent un véritable recul en matière de protection des défenseurs des droits humains alors que la promulgation le 15 juin 2023 par le Chef de l’Etat de la loi n°23/027 du 15 juin 2023 relative à la protection et responsabilité des défenseurs des droits humains en République démocratique du Congo, était un signal fort en matière de respect des droits reconnus aux défenseurs des droits humains.
Pour toutes les raisons évoquées ci-haut :
- les ONGDH appellent le Président de la République à garantir l’exercice des libertés publiques don' la liberté de manifestation et d’expression pour que les activistes et journalistes ne se sentent pas menacés dans l’exercice de leurs activités ;
- Les ONGDH demandent au Procureur Général près la Cour d’Appel du Tanganika d’ordonner la libération sans condition des quatre militants de la LUCHA ;
- Les ONGDH demandent aux Ministres de la Justice et celui des droits humains de s’investir pour la libération de Stéphane SHISSO à défaut de le libérer par ceux qui le détiennent, d’exiger qu’il soit déféré devant son juge naturel si des griefs infractionnels sérieux pesaient sur sa personne.
Fait à Lubumbashi, le 20 janvier 2026
Coordination
